Janvier 2011:
J’avais un rendez-vous avec un tatoueur pour faire un cover sur une merde que j’avais déjà de tatouée sur le bras. Il était charmant, il me faisait bien rire, moi qui adorais rire. Il a su, à ce moment là, comment me séduire; pas avec des compliments, mais avec des jokes et avec son parlé très poli et très (comment dire) philosophique, peut-être que c’est ça, peut-être pas.
J’aurais dû à ce moment là tout arrêter, mais non, je me suis laissé embarquer dans son jeu de séduction. Nous nous sommes vus à quelques reprises en dehors des rendez-vous tattoo. Il avait ce don de me mettre à l’aise.
Un jour il a commencé à travailler de chez lui, il m’avait expliqué à ce moment là que son associé l’avait crossé et tout le tralala qui va avec. Bah! cela m’importait peu, je trouvais ça dommage pour lui. Cette journée là, il devait me tatouer le dessus de l’épaule et mon cover c’est avéré devenir une manche complète. Sans le vouloir, il m’a accroché l’oreille, imaginez-vous donc que j’ai sursauté…. Le carnage qui s’en est suivi… oufff…
Il a garoché! Je dis bien garoché la machine au bout de ses bras en me lançant les pires insultes comme quoi j’étais conne d’avoir bougé de même, que je gâchais toute son œuvre, que j’étais épaisse; il m’a poussé en bas de ma chaise. Je me suis levée, l’air bête, je lui ai simplement dit :  »Hey le cave! c’est toi qui m’a accroché l’oreille. Calme toi y a pire que ça dans la vie ». Et je suis sortie, il m’a rattrapé et s’est excusé en me suppliant de lui pardonner, qu’il avait eu une journée de merde et qu’il ne voulait pas se défouler sur moi, etc. Et oui! moi la conne! je suis restée et je lui ai pardonné. Je lui ai quand même dis que je voulais pas que ça recommence, que la violence je connaissais ça pis que je voulais plus en revivre. Il s’est excusé encore et encore.
À ce moment là, je travaillais comme infirmière dans une agence, je faisais un bon 80h, parfois 88h semaine. Je dormais peu ou pas. J’avais un condo dans Portneuf. J’avais une belle vie. Je passais le peu de temps que j’avais de libre avec lui. Il n’avait jamais recommencé ses tites crisettes; nous filions le parfait bonheur, il m’a présenté à sa gang de chums. Il était bien fier d’être avec moi. Il m’a convaincu que ma meilleure amie était amoureuse de lui…. moi la conne je l’ai crue.

Juillet 2011:
Nous avons emménagés ensemble, un petit 4 ½ dans limoilou, il n’avait pas de permis, donc pas de voiture. J’aimais mon condo sur le bord de la piste cyclable, je me suis résigné à déménager. Il ne travaillait pas encore, du moins de la maison, il recevait ses client(e)s à l’appart, la joie vous dites….
Je travaillais encore comme une défoncée, je payais pas mal tout en attendant qu’il ouvre sa propre shop à tattoo, il avait toujours une raison pour me dire qu’il n’avait pas de client(e) et qu’il ne trouvait pas de local pour s’installer. Une nuit, je l’ai surpris à fouiller dans mon facebook, je n’ai rien dis, j’aurais du, mais j’ai fait semblant de rien. En fait, je crois qu’il ne le sais pas encore aujourd’hui…
Je ne voyais plus personne ou presque dans mes ami(e)s, selon lui, personne n’était bien pour moi, où que j’aille, il devait venir, lui aussi. Donc je restais à l’appart quand je ne travaillais pas. J’avais toujours des comptes à lui rendre. Il me disait que si je ne voulais pas qu’il vienne avec moi c’était parce que je voyais d’autres gars en cachette, que je le trompais certain.
Un jour, il m’annonce qu’il veut aller en Floride… avec une amie et ses parents à elle…. qu’il voulait que je lui paye son voyage. Ahahah!!! qu’elle conne je suis! Bien oui! Je vais lui payer un cristie de voyage avec une autre fille…. Bien oui je l’ai faite…
Je lui ai payé son voyage. Selon lui, j’étais égoïste de ne pas lui laisser la chance d’aller dans le sud; que si je ne voulais pas, c’était parce que j’étais jalouse… Après tout ce qu’il faisait pour moi, il le méritait bien, avec tout le stress qu’il vivait, il avait besoin de relaxer….. En plein voyage, il me demande de lui virer encore de l’argent, car il n’en avait plus, qu’il allait tout me rembourser. J’acquiesce à sa demande et lui vire encore de l’argent…
À son retour, il avait changé. Nous ne faisions plus rien ensemble, déjà que cela était rare que nous sortions…. il était soit devant son Xbox, soit devant l’ordi à jouer à ses jeux stupides. Je lui ai déjà dis que je trouvais ça plate, que j’avais plutôt l’impression d’être en colocation avec lui que d’être en couple… ça l’a un peu fait chier, mais il avait avoué que j’avais raison. Nous avons fait quelques sorties tous les deux. Un jour j’ai dis non à une de ses sorties. Hey boy! l c’était moi la cause du faite qu’on ne faisait rien ensemble, que c’était parce que j’avais rencontré quelqu’un d’autre. J’avais beau lui dire que non, mais il ne me croyait pas. Je lui demandais pourquoi il ne me laissait pas s’il me croyait pas. Il disait que c’était parce qu’il m’aimait et me promettait de ne plus aller voir ailleurs. Facile de promettre quelque chose que tu ne faisais pas… Après ça tout allait être bien entre nous deux.

2012:
Une des pires années de ma vie. Genre d’année de merde que je ne souhaite à personne. Cette année là, j’étais encore avec lui, je ne pouvais pas le quitter, ou je n’avais tout simplement pas la force de le faire, le courage.
Écrire ces lignes me rappelle les douleurs, les paroles, les gestes, les silences, comment il me faisait sentir comme une merde.
Cette année là, je suis devenue une fille banale, sans émotions, je ne pouvais pas en avoir, selon lui personne ne m’aimait, je n’étais rien et je ne méritais rien.
Pleurer… encore moins.
Je n’avais pas de sentiments, je n’avais pas le droit. Je me regardais dans le miroir et je ne me voyais pas, je ne voyais personne. Je le regardais, il m’écœurait. Il me touchait, j’avais envie de vomir. Le nombre de fois où j’ai eu des relations sexuelles avec lui sans en avoir envie, je ne le faisais pas par choix, mais parce qu’il m’obligeait, il en avait besoin….
Une claque sur la gueule fait parfois moins mal… ça fait mal sur le coup, mais on l’oublie…  le nombre de fois où j’espérais qu’il rencontre une autre fille. C’est beau rêver.
Il avait toujours le don de me faire sentir coupable pour tout et pour rien. Je n’ai jamais rien laissé paraître face aux autres. Plus le temps passait, plus je m’enlisais dans ma noirceur…. je ne voyais que du noir, le trou dans lequel j’étais enlisé devenait de plus en plus profond….
La fin du bail approchait et je lui ai dit que je partais de mon bord et lui du siens. Que j’en avais assez, que j’avais rencontré quelqu’un d’autre, même si ce n’était pas vrai, je ne sortait pas. Je l’ai aidé à se trouver un logement, je lui ai trouvé les électro, laissé ma vaisselle, mes chaudrons… en fait, j’ai acheté la paix…. même s’il disait à tout le monde que je l’avais foutu dans rue avec rien, que j’avais été la pire égoïste qu’il avait rencontré, que c’est lui qui m’avait laissé parce que je l’avais trompé…
Rendu là je m’en foutais.

15 juin 2012:
Je n’avais pas encore trouvé de logement, je m’en foutais, j’irai vivre dans rue, je m’en foutais de ce qu’il allait m’arriver. Un certain matin, je reçois un message. Une amie proche, sincère, me demande si j’ai trouvé un logement. Sa voisine aimerait déménager avec son chum et cherche quelqu’un pour sous-louer son logement…. Un ange dans ma vie.
J’ai vu une petite lumière au bout de ce tunnel.
J’ai mis 1 an pour me reconstruire, à me retrouver. Il m’envoyait des messages. Je ne répondais pas, j’ai reçu des messages haineux de ses chums me disant que j’étais une merde de lavoir fait souffrir… lui.
La dernière fois je lui ai parlé, je lui ai dis de m’oublier; que pour moi, il était mort, enterré, oublié et mon deuil déjà fait. Si un jour il me rencontrait, de ne pas être surpris si je ne lui adressais pas la parole, car pour moi il n’existe plus, il n’est rien ni personne.

Aujourd’hui, j’ai 27 roses de tatouées sur moi.
Cela me rappelle toutes les épreuves que la vie m’a apportée et à chaque fois que je les regarde ça me rappelle que je suis tombée,  que je me suis perdue, mais je me suis relevée la tête haute.
J’ai appris, j’ai grandi et cela fait de moi ce que je suis aujourd’hui.
J’ai pardonné.
Non pas parce qu’il méritait la paix, mais parce que moi je mérite la paix.

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s