Parce que je me met potentiellement dans des situations mortelles.
Ok! Christine (ma mère), tu peux cesser de lire tout de suite. Mais tu le sais déjà, ainsi que plusieurs de mes amis; je suis du type un peu sauvage, moyennement casse-cou et j’aime expérimenter au maximum mes limites. Pi je vous jure que je les trouve souvent…

Donc, j’aimerais ça vous raconter ma journée. Parce que j’ai quand même créé ce blog dans l’esprit de parler, entre autre, de Survie. Et là, faut pas penser que je suis une survivaliste, surtout que la plupart des gens ne savent pas vraiment c’est quoi au fond être survivaliste, même si on en entend de plus en plus parler. J’aime mieux dire que je suis une Vivaliste. Ça existe pas ce mot là, je sais… Je viens de l’inventer. Et que je n’aime pas dire que je suis une survivaliste, quand tout ce que je veux c’est apprendre le plus de connaissances possibles et être surtout autonome dans la plupart des situations. Ne pas me faire prendre au dépourvu. Je suis une jeune Padawan amante de la Nature. J’ai toujours trainé dans le bois, de jour comme de nuit, à toutes les saisons, j’ai marché dans des swamps, grimpé des montagnes, mangé pas mal de patantes qui trainent par-ci par-là, dormi dans des situations incroyables, parfois près d’un feu, et des fois, j’ai pas dormi pantoute…

T’inquiète, je vais te la raconter ma journée… mais faut que je finisse ma mise en situation!

Il y a quelques années, j’ai croisé la route d’une tribu incroyable et je crois, bien honnêtement, que je me suis enfargée dans leur passion et leur savoir. J’ai vu la route que je voulais prendre et j’ai embarqué à fond dans l’univers de Les Primitifs.
C’était une révélation pour moi qui avait une soif de savoir infini et qui veut toujours tout essayer. J’avais enfin la possibilité d’avancer dans mon cheminement en suivant quelques cours ici et là. On apprend plein de trucs selon des techniques ancestrales pour survivre en forêt, comme faire du feu par friction, apprendre à construire des abris, pister, se camoufler et des tonnes d’autres skills! Avec eux, j’ai fait 2 fois des défis de survie où on part en forêt avec seulement nos vêtements et on tente de survivre quelques jours. Je vous jure que c’est loin des affaires de scouts pi toute…

Fak j’ai fait quoi aujourd’hui?

J’ai décidé de me tester en solo. Le 12 janvier. Ouep… Faire un défi survie seule. Maman, si tu lis encore, faut vraiment que tu arrêtes ! Objectif, deux jours et deux nuits.
Les 2 dernières fois, c’était aussi l’hiver et il avait fait vraiment FRETTE. Des -20 degré Celsius plus facteur vent la nuit. Alors cette semaine j’ai vraiment stressé avec la météo qui s’en venait alors qu’on annonçait du 8 degré Celsius avec de la pluie.

Ce matin, j’ai fait mon petit sac. Je m’étais permis un couteau, une gourde, mes vêtements (plus un imperméable! Yo! ), une couverture de laine et mon kit de feu par friction. Idéalement, un jour j’aimerais le faire directement sur place, mais comme ca fait juste 3 mois que je réussis mon feu et avec la belle météo d’aujourd’hui, c’était plus sage d’en trainer un avec moi. Déjà de le garder au sec, fut toute une aventure. Ah! Pi mon merveilleux chum m’avait déposé une paire de raquettes sur le bord de la porte. Mais tu ne veux pas me voir en raquette… Sérieux… C’est comme si j’essayais de marcher dans une chaloupe. J’ai pris les raquettes pareil… Donc je pars, arrêt au Canadian Tire pour m’acheter une bâche. Là je vais encore dire merci à mon chum, parce que c’était aussi son idée. C’est drôle hein! Il m’a donné plein de conseils avant que je parte et je suis pas mal certaine que chaque fois j’ai roulé des yeux, mais étrangement, j’ai suivi ses conseils.

Une heure de route plus tard, en écoutant du Wardruna dans le tapis en sirotant mon café moka (quoi? je vais potentiellement pas manger pendant 2 jours fak je me gâte!), j’arrive sur les lieux de mon défi. Il pleut comme c’est pas possible; débarque du char, les pieds dans la flotte, je sens mes bas qui s’imbibent. JOIE! Met l’imperméable, balance mon sac sur le dos et attrape les raquettes. Quelle bonne idée de les avoir prises! Je m’enfonce en haut du genou dans la neige ultra mouillée. Alors Hop! En chaloupe sur les raquettes pour 45 minutes de marche. Tombe plusieurs fois. Parce que tsé ça tangue… pi toute. La forêt est sublime. Enveloppée d’un brouillard mystérieux. On dirait qu’elle me lance un avertissement doux et puissant à la fois. Je m’apprête à  »frencher » Mère Nature avec la langue et ça va être juteux!

Je me met au diapason de la température. J’observe les pistes des animaux. Je tente d’identifier quelques plantes et arbres au passage. Il pleut toujours intensément, mais j’arrive à destination. J’avais le choix de me construire un abri de toute pièce ou de réutiliser un abri qui était en cours de construction. J’ai choisi la deuxième option durant ma marche; étant donné que j’étais seule pour le défi et que la dépense d’énergie était déjà considérable juste pour mes déplacements.

Rendu sur place, je me rend compte que l’abri est vraiment trop gros pour mes besoins. Ce sera difficile de le rendre adéquat pour mon défi, mais petite soldate se met au travail. Hourra! Je retire les raquettes et elles me servent à pelleter la neige hors de l’abri, monter des murs (Yes! La neige est super collante et c’est facile, mais exigeant!). La pluie tombe, tombe, tombe. Je commence déjà à être pas mal trempée et ça fait seulement 1h que je suis à l’extérieur.  Les murs se forment, si le vent se met de la partie, au moins, je vais être protégée.

C’est le temps d’aller explorer un peu afin de se changer les idées et surtout pour commencer la récolte de bois. J’ai prévu de faire un feu moi! Laisse les raquettes au camp. Cale partout dans la neige, mais ça fait du bien de ne plus tanguer. À l’affût de présence animale, je trouve des traces de cerfs, ce que je crois être une cache de lièvre, une piste de belette, un geai bleu qui n’aime pas particulièrement ma présence. La neige est tellement lourde et mouillée, il pleut à l’infini. Mes mains commencent à devenir blanches et enflées à force de cueillir des branches mouillées. C’est tellement humide que j’ai l’impression que je pourrais tordre le bois…

Arrêt au bord de la rivière. Respiration en harmonie avec le rythme chantant de l’eau qui coule dans son lit brumeux. Même si je suis trempée bord en bord, j’apprécie ce moment plus que tout.

En route pour le camp, je me dis que je ne vais surement pas trouver grand chose à manger, mais qu’il serait temps de tenter de faire mon feu par friction. Problème en vue. Tout est détrempé, ce qui veut dire que de trouver du nid sera particulièrement difficile. J’ai besoin du nid pour allumer mon feu une fois que j’aurai obtenu une braise avec mon arc.

Alors je lance un appel haut et fort pour demander de l’aide à Mère Nature qui me fait royalement rouler des yeux depuis ce matin… Si elle peut me donner un peu de nid ça serait vraiment génial! Aussitôt demandé, aussitôt reçu. Je tombe sur des plantes séchées à l’abri de la pluie. Bon, elles sont UN PEU humide, mais pas détrempée. Je les installe dans un morceau de plastique que j’ai dans ma poche pour empêcher d’aggraver leur état avec mes mains de morte noyée… Ensuite je trouve un bouleau pas trop mal positionné qui me fourni juste assez d’écorce que je glisse dans mon autre poche, près de mon corps pour essayer de faire sécher le tout pendant que je continue mon travail. Retour à l’abri. Un écureuil roux me barre le chemin. On reste 1 minute à se regarder dans les yeux. Je regarde sa queue qui est sèche… ben coudonc… C’est quoi ton truc buddy? Il repart dans son univers aérien.

Tu lis toujours? C’est pas facile faire un feu sous la pluie.. J’te le dis man! Donc ma récolte de bois est faite. J’ai un pas pire tas. Mon camp est monté avec des murs, j’ai du nid et mon kit de feu par friction est supposé être au sec dans mon petit sac qui est imbibé. Juste faire tout ça vient de me prendre 4h. J’ai mangé un peu de neige et mon café moka est fucking loin. C’est là que je sors ma bâche pour me donner une chance de faire mon feu sans risquer de voir mes efforts gâchés par une goutte trop bien tombée sur ma braise. Bâche montée, opération séchage de main. Tsé mes mains blanches et enflées… c’est pas facile à sécher. J’essaye de manipuler mon kit de feu sur ma couverture de laine, mais tout ce que je touche laisse des traces humides. Ça me stresse. Tant d’efforts pour essayer de tout garder au sec et c’est mes mains qui gâchent tout. Je prépare mon nid tant bien que mal. Habituellement je suis plutôt douée pour faire des bons nids. Tout ceux que j’avais fait avait bien fonctionné, mais là c’est une autre paire de manches.
Je monte mon tipi fire avec mon bois crissement mouillé. Je prépare mon kit.
Je m’installe finalement en position après avoir évalué pendant quelques minutes si j’enlevais ma botte ou pas. Les adeptes de feu par friction vont comprendre. Ma botte étant dégoulinante, j’ai peur de mouiller ma planchette. Fak finalement j’enlève ma botte et je commence à driller. Je le sens. Tout est parfait. Boom! Une braise!!! Heille! Voyons! Wow!!! Je capote ma vie. J’avais réussis au soleil, à la chaleur, dans mon sous-sol, mais jamais à la pluie comme ça. Je prend mon temps, j’installe ma braise dans mon nid et je souffle pour que ça prenne feu. Souffle, souffle souffle… La braise s’éteint. Esti…
Ok… Je suis capable de recommencer. Je me réinstalle, je drill, je respire, je sais que je suis capable, je viens de le faire. Boom!!! Une braise! Je re-capote! Je prend mon temps et je me dis que cette fois sera la bonne car la braise d’avant à surement fait sécher un peu mon nid. Souffle, souffle, souffle. Rien. La braise s’éteint. Re-esti…
Pi c’est là que mon p’tit coeur s’est resserré.
J’ai pas parlé à Mère Nature.
Mais mon regard s’est accroché sur un petit sac que mon chum m’avait fait en cas d’urgence. Avec, entre autre, 2 petits morceaux d’écorce de bouleau SEC! Tu le sais tu comment je t’aime mon amour? Pi je te promet de ne plus rouler des yeux quand tu me donnes des conseils. Donc, je prend les petits morceaux et je les ajoute à mon nid. Cette fois c’est la bonne. Jamais deux sans trois. Drill. Boom. Braise. Feu.
Je réussis enfin à partir mon feu avec mon bois salement mouillé. Je passe 1h comme il faut à essayer de me faire un bon fond de braises et de ne pas le laisser mourir en sortant chercher plus de bois parce que le feu à faim. Et qu’il mouille dessus sans arrêt.

Je suis détrempée, la température baisse. Je commence à frissonner et la nuit tombe. Ça s’annonce mal. Il faut que je prenne une décision. Je suis déshydratée, j’ai fourni une dépense d’énergie considérable, je manque constamment de bois, la nuit tombe. Et là, je me dis que je suis une vivaliste. Que j’ai expérimenté ce que j’avais à vivre. Que je n’ai pas à nécessairement me mettre en danger, parce que c’est ça qui est en train de se produire. Il annonce pas pire frette cette nuit et si je veux passer la nuit dehors, il faut que j’alimente mon feu car je suis trempée et que chaque fois que je sors du camp, il me mouille dessus en trombe. Mon haleine commence à faire de la buée. Le vent se lève. C’est le fun, ça attise mon feu tout seul. J’ai une bonne braise, alors je m’assois 1h et je regarde les flammes, je me laisse emporter par sa danse. Juste avant sa mort imminente, je me lève et je ramasse ma bâche. Me voilà reparti sur le chemin (avec les raquettes dans la bâche que je traine). Ça m’aura pris 1h faire la marche du retour dans la neige lourde et mouillée en enfonçant aux genoux sur un chemin qui prend 10 à 15 minutes max habituellement.

J’ai pas fait un long défi survie, mais j’ai vécu aujourd’hui une expérience incroyable. Je me suis fait sacré une volée par mère nature. J’avais demandé dans mon coeur de ne pas avoir une température trop froide pour mon défi. Be careful for what you wish for.

Arrivée à la voiture, j’ai pleuré. Parce que j’ai eu peur de ne pas me rendre avec cette marche forcée, l’énergie dans les talons. Pi j’ai appelé mon chum pour lui raconter mon expérience avec 2F en tête. Frustrée et fière. Beau mélange hein! Je l’ai remercié pour les raquettes, pour ses conseils pi j’ai encore pleuré silencieusement parce que je ne voulais pas qu’il s’inquiète. On a fini par raccrocher alors qu’il me disait qu’il s’en allait dormir dehors à -39 degré Celsius plus le facteur vent, au Nunavik, en se faisant bouffer la face par une hermine enragée. Maudit qu’il a le don de me remonter le moral 😀

Pi j’ai roulé encore 1h, en silence cette fois, pour penser à tout ce que j’allais raconter ici. Pi parce que j’étais épuisée. Mais là c’est fini. J’ai appris. Mes pieds sont en train de sécher. Je flatte mon chat. J’ai bu un thé chaud. Et je suis prête pour d’autres aventures.

 

 

 

 

 

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